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Expérimenter pour apprendre

 Il est loin le temps où les enfants étaient assis, alignés, à écouter pendant plusieurs heures le professeur parler d’un sujet précis. Le contenu devait être appris et mémorisé avec une certaine méthode. Les enseignants enseignaient et les élèves devaient être attentifs et intégrer tout ce qu’il disait. C’est comme s’ils étaient des bateaux vides qu’il fallait remplir.

Il n’y avait pas de place pour expérimenter, pour l’erreur, pour tester des manières alternatives d’apprendre. Pas davantage de temps pour permettre aux élèves de faire le lien entre le contenu et la manière de comprendre, et «digérer» un contenu. Pour avoir accès à l’information et au savoir, il fallait passer par un canal unique entre le professeur et l’apprenant.

L’un des objectifs pour l’étudiant était d’acquérir des connaissances aussi vite que possible, et d’apprendre à maîtriser, la plupart du temps grâce à la mémorisation, un programme académique en respectant un certain ordre. C’était un état d’esprit particulier. On se focalisait sur l’acquisition des bases d’un savoir tout en ignorant l’échec ou le risque. Avec une pensée linéaire, on prédisait à chacun ce qu’il était sensé savoir. Dans cet état d’esprit, l’expérimentation, qui suppose de faire des essais et des erreurs, ne pouvait être envisageable.

Le contenu des cours était donc enseigné de façon prédéterminée, les modifications et les ajustements éventuels variaient très peu. Les échanges verbaux étaient très peu nombreux et la prise de parole clairement à l’avantage du professeur.

Une vision aussi figée des méthodes d’apprentissages ne pouvait conduire qu’à une ouverture d’esprit très limitée quand aux objectifs auxquels chaque étudiant pouvaient prétendre.

A l’opposé de cette vision et au centre de ce qui rend l’ouverture d’esprit si séduisante, comme l’a dit Carol Dweck, il y a ce pour quoi on a une soif d’apprendre plutôt qu’un désir d’approbation. Dans cet état d’esprit, certains n’ont pas été découragés par l’échec, ils n’ont même pas eu conscience de cette situation d’échec. Pour eux c’est comme cela qu’on doit apprendre (Popova, Fixed vs Growth). L’expérimentation est encouragée et attendue afin de s’approprier les bases du savoir. Un état d’esprit ouvert sous-tend l’idée qu’il faut apprendre en faisant.

Enseigner avec une méthode figée n’a pratiquement plus cours actuellement, mais un retour sur le passé nous permet de mieux appréhender les progrès qui ont été réalisés depuis cette période. Les anciennes méthodes dictaient aux élèves le contenu de ce qu’ils devaient savoir ainsi que la méthode. Pas de place pour l’interprétation. La notion d’apprentissage ludique n’était même pas envisagée.

Dans le contexte actuel, il n’y a pas de discours théorique qui ne soit suivi d’une mise en application à l’école ou à la maison. D’après plusieurs enquêtes et expérimentations, on s’aperçoit que des élèves apprennent plus rapidement et de manière plus efficace, maintenant que par le passé. Il est démontré qu’ils retiennent mieux s’ils sont impliqués dans leurs apprentissages grâce à un investissement personnel. De la même façon, Ils font également davantage appel à des compétences pour chercher à résoudre des problèmes, que s’ils écoutent passivement des instructions.

Dans beaucoup d’établissements internationaux ainsi qu’à l’école Eden le professeur est mobile dans sa classe, passant d’un groupe de travail à l’autre, alors que les élèves travaillent autour d’un projet personnel ou sur une leçon. Les élèves apprennent soit seuls soit en groupes et partagent alors leurs idées. Ils sont de la sorte plus investis, créatifs, engagés dans les activités de classe, dont le but est d’apprendre et non pas de réciter leur leçon dans un ordre précis.
On peut prendre l’exemple d’un cours de mathématiques dispensé à l’école Eden. On recourt à de nombreuses phases de jeux pour décider de stratégies entre camarades de classe ou pour savoir comment s’atteler à un problème ou à une énigme. Le travail est réalisé en petits groupes. Au delà de «faire», on dit souvent que c’est une méthode plus efficace pour apprendre, que celle qui consiste à rester passif, à écouter le cours d’un enseignant.

Lors des cours de sciences, les élèves vont émettre différentes hypothèses possibles et essayer de comprendre pourquoi une expérience s’est déroulée de telle ou telle manière et comment faire autrement la prochaine fois.
Cette démarche expérimentale peut s’appliquer à l’activité de codage informatique que nous pratiquons à l’école Eden. on apprend donc à travers la découverte et non pas par un cours frontal avec un professeur.

Voici donc quelques exemples qui montrent l’efficacité d’un tel enseignement lorsqu’on passe par l’expérimentation. Cela suppose donc d’accepter les erreurs, les méprises. Elles font partie du processus qui permet d’acquérir des solides connaissances. Le savoir n’est pas un concept figé et exhaustif, pas une fin en soi, comme peut le sous-entendre une approche linéaire.

A travers cette méthode les élèves acquièrent des compétences qui leur seront utiles tout au long de leur chemin vers la connaissance.

Hopping as we play hopscotch for the sound "h"
Hopping as we play hopscotch for the sound « h »

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Bibliographie :

John Dewey – The child and the curriculum (1902)
Dan Finkel – Five principles of extraordinary math teaching (2016)
Maria Popova – Fixed vs. Growth : the two basic mindsets that shape our lives
Carol Dweck – Minset : the new psychology of success